Atelier d'écriture du 2 Février 2021
avril 2025
Un atelier fructueux ! Un grand merci à tous les participants
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Chacun propose un nom commun, puis un autre.
L’objectif est d’écrire un texte avec tous ces mots.
Mots
plante / cheval / embellie / calendrier / jouissance / ombellifère / zombie / route / regard / navire / peau
Morgane M.
« C’est une ombellifère » dit le cheval, qui s’y connaît en plantes. Après tout, brouter est une de ses activités principales, il a un peu le nez dessus en permanence.
Surpris l’homme regarde cette grosse bête avec ravissement : quelle culture !
L’homme et le cheval attendent une embellie pour se remettre au champ.
Côte à côte, presque peau à peau – l’homme s’est appuyé sur la bête –, leurs regards voient loin, le champ, la route, la montagne et le ciel bas, ciel de zombie, aurait dit la grand-mère…
Ce temps maussade est surprenant, pas au calendrier a priori, mais c’est ainsi : un temps de zombie au mois de juin, c’est rare mais ça arrive encore.
L’homme apprécie la chaleur du cheval, sa masse tranquille et immuable. Avant les pods et toute la technologie qui permet aujourd’hui de communiquer avec les animaux, il aimait bien déjà leur conversation muette, leur lien profond avec leur environnement. Et leurs questions parfois surprenantes, comme le chat qui demandait l’autre jour « c’est comment la mer ? ».
Le chat est d’un naturel curieux, il se branche souvent sur le pod de l’humain et découvre des films, des documentaires et fatalement voit la mer et les navires qui la parcourent. Et il éprouve une certaine jouissance à poser tout un tas de questions à l’humain…
Catherine B.
Je dors dans la cale de ce vieux navire, il file à vive allure comme un cheval fou. Depuis 5 jours, je n'ai pas mis le nez dehors, en proie à une fièvre hallucinante, impossible de me ressaisir, je suis comme un zombie. C'est peut-être cette plante grimpante qui agit sur moi, je l'ai récupérée au Cap, la regarder me donne des frissons, ma peau se ferme.
Le plus étonnant c'est la date, le calendrier est confus, je crois être en décembre mais l'embellie me fait croire qu'il s'agit de mars. Je capitule, je suis perdue définitivement, mon regard se porte au loin, pas âme qui vive, aucune route, rien. Quelle jouissance !
Catherine R.
Il y a bien longtemps que la route a été coupée. Désormais les plantes et ombellifères l’ont envahie.
Quelle jouissance pour le regard que ce foisonnement de nature ! Entre deux embellies, on peut voir, au loin, très loin, un navire passer au large et tout près entendre le trot du cheval de la ferme la plus proche. Là, chaque hiver, à date fixe du calendrier surgit un zombie du petit cimetière. Sa peau rouge et écorchée m’effraie tant que je me mets à courir sur la route qui j’espère me mènera à la mer.
Irina
Quand il la vit, il sut que c’était elle. Certes, elle n’était pas exactement telle qu’on lui avait décrite. Un peu moins séduisante sans doute, déjà un peu fanée, petite quarantaine débutante. Il s’approcha d’elle, un pas, deux pas. Elle n’avait pas l’air farouche. Une belle plante, ça oui, on pouvait le dire. Vendredi 6 mars, 18 heures. Elle était là, sur sa route, un regard avait suffi. Comme une envie de la caresser. Sa peau, promesse de jouissance. Sa verdeur, sa fraîcheur, l’horizon enfin atteignable d’une embellie prochaine. Le métro de 18 heures qui l’avait mené jusqu’ici, c’était un peu comme le navire de Colomb après un long voyage, quelques nœuds avant de toucher l’Amérique. Une éternité qui dure longtemps. Tous ces zombies, et lui. Mais cette rencontre, c’était son Amérique à lui. Déjà, il s’imaginait, les soirées partagées, en hiver, dans son salon. La douceur végétale retrouvée chaque matin.
- « Monsieur ? C’est couvre-feu. Le magasin va fermer.
- Ah.
- C’est un ombellifère, vous savez ? 27 euros. Alors, vous la prenez ?
- Non. »
Fin de l’histoire. Un ombellifère, jamais. Pas à lui Des Amériques, il y en aurait d’autres. Un autre jour, un autre cheval, une autre fleur.
Jérôme S
Sur son cheval, le zombie traçait sa route, la pluie tombait dru, il souffrait, car sa peau se désagrègeait lentement à chaque impact de gouttes d’eau, Par précaution, il dut se mettre à l’abri. Le regard vide, il attendait une embellie, il fit du feu, et ramassa quelques plantes ombellifères pour se faire une décoction chaude dont il profita avec jouissance.et qui apaisait ses brûlures. Il était soucieux, il fallait faire vite et la pluie le ralentissait, Il devait rejoindre sans attendre un navire en partance pour des îles au climat plus clément. Mais Il avait perdu en chemin son calendrier, il ne connaissait plus la date exacte du départ, ce qui le rendait nerveux.
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Le contexte :
- une crise sanitaire mondiale, liée au coronavirus ;
- les dispositifs mis en place par les autorités pour sortir de cette crise.
Ecrire un texte qui défend ou dénonce les dispositifs en place : "plaidoirie" ou "réquisitoire".
Morgane M.
Chères sœurs, chers frères,
Joie de vous voir si nombreux ! Eh oui, victoire, crions-le bien fort et réjouissons-nous ! Aujourd’hui plus de 103 557 049 humains contaminés ! Nous sommes presque partout, nos demeures sont l’humanité, nous avons même réussi à contaminer certains animaux.
Et c’est à l’humanité toute entière que nous devons en grande partie cette réussite !
Gloire à l’être humain et à son orgueil : se croire supérieur à nous, êtres microscopiques, nous sous-estimer de la sorte ! Quelle merveilleuse idée !
Souvenez-vous, ils ont commencé par minimiser notre action, en sous-estimant nos nuisances : nous avons été comparés à une simple grippe !
Et mettre en doute nos capacités de circulation, ne pas imaginer la zoonose. L’homme est bien bête dans sa toute-puissance. Puis déclarer le masque inopérant, voir inutile alors que les gouttelettes sont notre transport en commun !
Confronté à notre puissance, l’être humain a fait preuve de beaucoup d’imagination pour brimer, empêcher et contraindre son prochain : privé de liberté, perdu entre des mesures contradictoires, nous avons réussi à semer la zizanie, remis en question les fondamentaux de leur société, mis à mal leur fonctionnement et explosé leurs frontières.
Nous sommes fier.es de nous corona virus !
Longue vie à nous !
La lutte continue !
Catherine B.
Monsieur le Président,
je vous prie de bien vouloir recevoir mes conclusions sur la suite à donner à l'affaire concernant les effets de notre virus français ainsi qu'à ses variants provenant de toutes parts.
Souhaitant conserver notre patrimoine, j'agis en tant que conseil auprès des instances mondiales et confirme par la présente que les fuites ne sont pas maîtrisées.
Alors que la plupart des variants vaquent comme bon leur semble, notre virus français est enfermé dans le strict hexagone.
Je vous somme de bien vouloir examiner la souche franco-française emprisonnée à l'institut Pasteur et de la remettre sur-le-champ en libre circulation afin que nous soyons acteurs de l'évolution économico-vaccinale qui se profile dans les laboratoires internationaux.
Notre virus français a droit à son intégrité et doit pouvoir se déplacer au même titre que les autres variants.
Catherine R.
Un pangolin en colère
Moi, je ne suis pas malade ! Les tests, je n’en veux pas ! Moi, Pangolin du 21e siècle, on m’accuse de transmettre le Covid. Moi, Pangolin natif de Chine, on m’écartèle dans les labos pour trouver un coupable, un bouc émissaire à la pandémie, comme il l’appelle ! Les pangolins, les pauvres, et mes frères, les visons, on en prend plein la gueule !
Encore une fois, les hommes n’assument pas, les lâches ! Mais ils ne s’en sortiront pas comme ça avec leurs contrôles sanitaires, leurs tests rectaux. Le règne animal prendra sa revanche sur les massacres mis en place par les humains, les traîtres, les couards !
Les singes, les porcs, les poulets, les vaches prendront leur revanche, rien ne nous empêchera de diffuser à nouveau le fléau sous d’autres formes et traverser les frontières qu’ils auront beau fermer !
Le peu de respect que les hommes ont eu pour nous mérite vengeance et nous échapperons à leurs lois, leurs vaccins, leurs simagrées pitoyables d’humains irresponsables !
Irina
Mesdames et Messieurs les député.e.s,
Quelle honte, ah ça oui, quelle honte. Jour sinistre. Oui, aujourd’hui, jeudi 3 avril 2024, le Gouvernement vient d’annoncer la levée de la phase 27 du confinement. Printemps, diront certains. Liberté retrouvée, diront d’autres. Quel aveuglement. Je vois déjà, déferlant dans les rues, ces hordes de spectateurs avides de divertissements, ces convives affamés se ruant dans les restaurants, ces voyagés tout excités avec leur envie d’ailleurs. France démasquées, France effondrée ! Pourquoi ? Parce que, pendant ces trois années durant, nous avons eu la chance de réinventer une nouvelle nation. Une nation où le foyer avait enfin retrouve toute sa place, la première, comme il se doit. Une nation où, enfin, avait cessé toute exubérance. Une nation de mais propres et de couche-tôt. Une nation qui avait su se reconnecter avec la proximité, avec le terroir, oui, le terroir, cette belle notion à moins de 50 km de chez nous. Et le travail, ça oui, le travail, grâce au virus, nous avons tous, ceux qui n’en avaient plus et ceux qui n’avaient plus que cela, redécouvert le sens du travail. Las, le virus n’est plus. Chassez l’universel, il revient au galop. Etouffez la créativité, elle revient par la petite porte. Privez-les de voyages, ils en redemandent. De grâce, masquez cette France que je ne saurais voir.
Jérôme S.
Chaque vie est unique et compte bien plus que toutes les autres. Il faut donc les sauver toutes sans exception ni hiérarchie.
Hors chaque jour dans notre beau pays, les morts se comptent par centaines. Des décisions courageuses doivent être prises. Notre gouvernement tergiverse et n’a pas pris la mesure de la situation, en nous proposant des mesurettes sans effet ou pire qui ne se sont pas mises en place. Le gouvernement a choisi d’accorder la priorité à l’activité économique au détriment de la santé si fragile de nos concitoyens. Quelle hérésie !
Les vaccins, les masques, les gestes barrières, les tests PCR, les couvre-feux, le télétravail, soyons un peu sérieux, qui pour croire à leur efficacité face à ce péril.
Nous voyons bien que le fameux dicton: le travail c’est la santé est totalement à côté de la plaque. Le travail tue, messieurs dames ! Nous en avons la preuve.
Et cette absence de décision forte rend les gens plus que nerveux et sera bientôt la cause de révolutions, de suicides, de dépressions et d’ulcères plus nombreux que les morts liés au virus. J’en appelle à l’armée, à la police, aux drones c’est notre seule planche de salut, La surveillance généralisée, un confinement d’envergure sans délai, tous au chômage, à l’école buissonnière chacun enfermé chez soi en silence et masqué, seul dans une pièce une bonne fois pour toute et pour une durée illimitée !
3
Que se passerait-il si tous les hommes, toutes les femmes, tous les enfants pouvaient voler ?
Morgane
Soulever enfin le joug moral qui pèse sur le vol offre sans nul doute une vraie libération pour la société humaine : imaginer que toute femme, tout enfant, tout homme puisse voler, c’est enfin mettre fin à la propriété et redonner à chacun l’usage des biens de ce monde.
Cela suppose évidemment un changement radical de société, depuis la production des biens jusqu’à leur distribution.
Cela implique de considérer à nouveau chaque vie humaine comme égale et aussi importante que sa voisine.
Si tout le monde peut voler, ce que j’interprète donc comme l’autorisation du vol, alors la convoitise disparaîtra avec la propriété et nous retrouverons le jardin d’Eden, et la communauté des hommes frères.
Chacun prend alors selon ses besoins, en respectant les ressources. Et c’est le retour à une forme de sobriété. Oui, volons toutes et tous de nos propres ailes pour abolir la propriété.
Catherine B.
Elle : salut mon pigeon, mon p'tit canard, ma caille
Lui : C'est quoi ces compliments, tu as quelque chose à me demander toi
Elle : t'aurais pas 10 sacs à me donner, j'ai vu une paire d'ailes chez decathlon, j'en ai bien besoin je l'ai pas volée
Il se lève et la gifle
Lui : tiens celle là non plus tu l'as pas volée
Elle : ben ! Mon p'tit pigeon
Lui : nan mais tu crois au père Noël toi !
Elle : oui ben au moins lui, il vole, c'est pas comme toi. Regarde tes ailes pleines de graisse, elles suintent.
Je veux changer d'air moi, ici ça sent le pourri, moi je veux changer d'atmosphère
Lui : atmosphère, v'là qu'elle me traite d'atmosphère. Atmosphère, atmosphère, est-ce-que j'ai une gueule d'atmosphère ?
Catherine R.
J’ai toujours été fascinée par Mary Poppins et ses exploits, par cette façon fantaisiste de s’envoyer en l’air par-dessus les toits, de rejoindre d’autres mondes par un simple envol et sa manière délicate de retrouver le sol, d’atterrir.
D’autres s’y sont frottés à cette envie de surplomb : Peter Pan, l’enfant triste et la fée Clochette, Icare et ses vaines tentatives…
Aujourd’hui nous bénéficions de l’avion, une véritable performance technique qui nous fait croire que nous volons bien assis et ceinturés dans nos sièges, un gobelet à la main… mais il suffit qu’une nuée d’oiseaux ou une seule mouette pénètrent dans les moteurs pour mettre à bas ce beau rêve de voyage dans les airs.
Mais revenons à la charmante Mary Poppins, chaussée de souliers à boucle et son parapluie perroquet, à ses petits sauts volontaires vers les cieux, entraînant avec elle hommes et enfants. Elle n’est pas la seule, beaucoup nous ont fait rêver de ce mystère. Je me sens bien incapable de tels exploits, trop attachée à la terre, même sauter à la corde me fait peur, alors voler !
Irina
« La sombre histoire du vaccin, des chausseurs et des cordonniers »
Il y avait d’abord eu cet entrefilet dans « Le Parisien » daté du 7 octobre 2021. « Ehpad de Noisy-sur-Orge, Marcel, 80 ans, indemne après une chute du balcon : et si c’était le vaccin ? ». La journaliste, spécialiste de ces faits divers, mais sérieuse, pas du genre fantaisiste, avait eu du mal à décrire cette excroissance, enfin cette aile, car il fallait bien l’appeler ainsi, qui avait sauvé Marcel dans sa chute. Puis les articles s’étaient multipliés en quelques semaines. Dans chaque Ehpad de France, pour un vieux vacciné, il y avait une paire d’ailes qui poussaient. Alors c’était compliqué. Il fallait les voir ces malades d’Alzheimer voletant entre le salon des familles et la porte d’entrée, criant des noms d’oiseaux à tout va. La Haute autorité de santé était formelle : aucun lien démontré entre cette poussée ornithologique et le vaccin, aucun. Mais les antivax s’activaient. Et on stoppa la campagne de vaccination. Trop tard. Le premier cas avait été recensé dans une école maternelle. La maîtresse, qui était déjà bien en peine pour leur appliquer le gel hydroalcoolique, s’était effondrée quand le petit Léo s’était envolé de son propre chef direction la cantine.
Et c’est ainsi que, quelques mois plus tard, les entreprises de vaccination ayant poursuivi unilatéralement la campagne, la France volait. Jusqu’ici, tout allait bien, les gens étaient heureux de cette légèreté retrouvée.
Le vrai problème, c’était les chausseurs, et les cordonniers. Car la France volait, mais volait pieds nus. Heureusement, le Gouvernement mit en place un plan spécial de soutien au secteur : le « plan 100 000 chaussures ». Son slogan : « rattrapons-les par les pieds ».